Normandie

Pour la petite histoire, j’avais une semaine de libre devant moi au mois de février. Plutôt que de la passer devant Netflix ou de m’abreuver des inépties d’Hanouna sur D8, j’ai pris ma voiture en bon écolo et je suis partie à l’instinct pour finalement me retrouver dans les verts paturages de la Normandie.

Alors c’est certain, choisir l’hiver pour découvrir le nord de la France c’est un peu comme partir en Bretagne pour profiter du soleil. Et pourtant bien qu’il n’y avait pas une seule feuille sur les arbres, je dois bien avouer que cette région ne m’a pas laissé indifférent. A force de toujours chercher plus beau ailleurs, j’en oublie que la France aussi recèle un paquet de paysages incroyables et possède son lot d’histoires à raconter.

Ne sachant pas trop ce qu’il y avait à faire dans la région, je me suis dit que j’allais faire le touriste de base et commencer par le Mont-Saint-Michel, l’un des sites les plus remarquables de France.

Le Mont-Saint-Michel

Comme tout le monde je l’avais déjà vu en photo, mais se retrouver face à ce monument qui domine les alentours du haut de son îlot rocheux et coiffé de sa sublime abbaye, c’est carrément impressionnant.

Parait qu’il y a 3 millions de touristes à l’année ici, et je ne peux pas m’empêcher d’avoir une petite pensée pour les 30 habitants du village qui ne doivent pas avoir un moment de tranquillité. Parce que oui, le Mont-Saint-Michel c’est un village, avec son centre de secours, sa mairie ou encore sa poste. 

Une fois les remparts franchis, la cohue des touristes arpente les ruelles de la commune à la recherche des plus beaux spots à selfie et du chemin qui mène à cette abbaye perchée à hauteur d’oiseau. On domine aisément la baie et on aperçoit sans difficulté l’îlot de Tombelaine, un point stratégique des anglais durant la guerre de cent an. A cette période toute la Normandie est occupée par les anglais… Toute ? Non ! Un village d’irréductible Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Les anglais utiliseront l’îlot de Tombelaine comme point de surveillance mais n’arriveront jamais à prendre le contrôle du Mont-Saint-Michel devenu dès lors un emblème de résistance.

Autre fait historique intéressant, à la fin du 18e siècle alors que le Mont se fait tout juste rebaptiser “Mont libre” on s’est dit que ça serait une bonne idée d’en profiter pour chasser tous les moines du rocher pour en faire une prison. Faut croire que la diversité de formes architecturales qui témoignent de la maîtrise des bâtisseurs du 8e siècle faisait de cet endroit un lieu carcérale idéal.

Aujourd’hui ce haut-lieu est à nouveau un édifice religieux où crèchent une dizaine de moines et l’îlot de Tombelaine est devenu un important site de reproduction pour les oiseaux marins.

Avant de reprendre la route, j’ai tout de même pris un moment pour côtoyer les brebis du coin zonant dans les immenses prairies qui bordent la baie. Et reprendre la route ok, mais pour aller où ? C’est ma mission de chaque soir, allongé dans ma voiture dans mon sac de couchage, j’organise ma journée du lendemain.

Omaha Beach

Je savais que je voulais terminer mon aventure aux falaises d’Etretat, du coup je me suis rajouté différents points d’intérêts intermédiaires histoire de faire semblant de m’intéresser à autre chose qu’à la nature environnante.

"Les Braves"

Le premier d’entres-eux étant la plage du débarquement d’Omaha Beach. Je dois avouer que ça fait bizarre d’être ici alors qu’il n’y a même pas 100 ans en arrière près de 3000 soldats perdirent la vie à cet endroit pour que je puisse aujourd’hui être là, à faire voler paisiblement mon drone. Et je ne parle là que des soldats alliés. D’ailleurs le nombre de croix dans le cimetière qui leur est dédié fait froid dans le dos.

Il a également été érigé sur la plage une sculpture nommée “les braves” en l’honneur des soldats disparus. Elle represente des ailes : celles de l’Espoire, de la Fraternité et de la Liberté.

Visite des villes emblématiques de la Normandie

Caen

Après ce moment solennelle je me suis rendu à Caen, chef lieu de la basse-Normandie et capitale de Guillaume le Conquérant. Il fit ériger moult monuments comme l’ancienne abbaye aux hommes par exemple et qui se veut aujourd’hui église d’un côté et hôtel de ville de l’autre. Le château de Caen, planté au milieu de la ville et considéré comme l’un des plus grands d’Europe, fut également fondée par le duc.

Mais cette ville n’est pas que médiévale. Effervescente, vivante, elle possède aussi ces petits coins naturels pour passer du bon temps bien que je ne m’y sois pas attardé plus que ça. J’ai rapidement enchaîné sur ma prochaine halte : Deauville.

Deauville et Trouville

Quand je suis arrivé à Deauville, je me suis demandé l’espace d’un instant ce que je foutais ici. Moi, qui porte les mêmes fringues depuis 3 jours, qui squat ma voiture et qui mange des pâtes sèches, je contrastais terriblement avec cette ville luxueuse. Parcours de golfs, courses de chevaux, casino, boutiques chics et ces charmantes petites maisons en bord de mer. J’ai fuis..

Collée à Deauville il y à Trouville. Ici à part le port je n’ai pas vu grand chose. Par contre je me suis posé deux questions. Pourquoi ce nom ? Et comment appelle-t-on les gens de cette ville ?

D’aucuns disent que l’origine du nom renvoie à Thorval, nom scandinave en l’honneur du Dieu tonnerre Thor, qui par déformations successives donna Trouville. Mouai.. je ne suis pas spécialement convaincu. Et les habitants quant à eux s’appellent les trouvillais. Enfin voilà pour les informations dont tout le monde s’en fout. 

Honfleur

Honfleur

A 30km de là on retrouve Honfleur, une petite ville pastorale au charme bucolique très appréciée des artistes. L’authenticité de ses rues pavées ainsi que son vieux bassin bordé par des maisons à colombages ont inspirés plusieurs peintres comme Claude Monet. D’où son autre appellation : la cité des peintres.

Non loin de là, il y a l’immense pont de Normandie qui enjambe la seine. Il fait 214m de haut, pour 2km de long. Le tablier d’une largeur de 23 mètres accueille 4 voies pour les véhicules automobiles ainsi que 2 pistes cyclable et… on s’en fout je sais. On va se limiter au fait qu’il enjambe la Seine et permet de rejoindre Le Havre.

Le Havre

Alors, je ne veux vexer personne, mais le Havre les amis, j’ai détesté. A tel point que je n’y ai absolument rien visiter à part l’intérieur de l’église Saint-Joseph. D’ailleurs en faisant quelques recherches, je me suis rendu compte que cette ville était classée dans le top 10 des pires villes de France, c’est pour dire. Du coup j’ai poursuivit mon chemin en direction de « la ville aux cent clochers ».

Rouen

Pour ceux qui se demande quoi glander le temps d’un week end, Rouen peut être une destination de choix. Déjà parce que c’est l’une des villes qui comptent le plus de bars par habitants, sans aucun doute un argument de poids pour certain. Puis parce que le centre historique vaut le détour.

Jeanne d'Arc

Certaines bâtisses sont tellement anciennes qu’elles ont été témoins de la sentence infligée à Jeanne d’Arc ici même sur la place du marché. Ici à Rouen tu vas en entendre parlé de celle-là. Entre le lycée Jeanne d’Arc, l’église Jeanne d’Arc, la caisse d’épargne Jeanne d’Arc, nombreux sont les endroits qui porte sont nom. Et certains vestiges de son époque sont encore visibles comme le donjon où elle fut emprisonnée. Enfin cette information est erronée puisqu’en réalité la tour où elle fut gardée captive a été détruite.

La cathédrale de Rouen

Tu vas croire que je suis un fada d’églises et de cathédrales à force d’en parler dans chacun de mes articles mais du tout, j’me sens déiste dans l’âme. Mais l’architecture d’un édifice tel que notre dame de Rouen mérite qu’on s’y attarde un minimum. Faut avouer que le normand antique nous à bâtis une merveille qu’il n’a même pas cherché à rendre symétrique pour une fois.

Le Gros Horloge

Face à la cathédrale il y a la plus grande rue piétonne de Rouen qui abrite le Gros horloge, l’une des plus anciennes horloges de France. Et pourquoi pas «  la Grosse Horloge  » vous allez me dire. Là encore je me suis moi-même posé la question. Il s’avère simplement qu’à l’époque le mot horloge était masculin et on en a gardé l’usage pour parler du monument de Rouen.

En résumé

Bien que la guerre a complètement ravagée cette région, ses habitants ont su conserver et valoriser un patrimoine exceptionnelle. Et là, en une semaine, je n’ai eu qu’un bref aperçu des richesses historiques et naturelles qu’a à nous offrir la Normandie. En parlant de richesses naturelles, comme je l’avais précisé au début de cet article, j’ai fini cette brève expédition par les falaises d’Etrétat, qui surprennent le touriste par leur verticalité et le confronte à une beauté sauvage sans pareil.

Falaises d'Etretat