Le Grand Trou Bleu

Au large du Belize en plein milieu de la Mer des Caraïbes se trouve un récif corallien qui cache l’une des plus étonnantes merveilles de la nature. Rendu célèbre par le français Jacques Cousteau en 1971, le Grand Trou Bleu, comme il est appelé communément, est le deuxième plus grand cénote sous-marin de la planète avec ses 300 mètres de diamètre pour 120 mètres de profondeur.

Pour comprendre l’origine d’une telle formation géologique il a fallu étudier des stalactites trouvées dans ses profondeurs. Les résultats ont montré que la formation de ce trou date de la dernière période glaciaire, entre 153 000 ans et jusqu’à 15 000 ans avant notre ère, où le niveau des océans était bien plus bas.

A cette époque il n’y avait pas encore de grotte, seulement un sol calcaire émergé des flots. Des pluies acides se sont abattues sur ce sol fragile et les eaux ont creusé dans la roche une vaste cavité.

Avec le temps le plafond de cette grotte s’est effondré, créant ainsi un gigantesque trou dans le sol. C’est seulement à la fin de l’air glaciaire, lorsque le niveau des océans est monté, que cette grotte a été submergée.

C’est aujourd’hui un endroit qui fascine les spécialistes dont certains pensent même que ses profondeurs pourraient cacher de précieuses informations sur la disparition des Mayas.

Une exploration des profondeurs avec le petit fils Cousteau

On doit une bonne partie de l’exploration de ce gouffre à l’équipe menée par le milliardaire Richard Branson, le fondateur de la marque Virgin, accompagné de spécialistes et de réalisateurs dont Fabien Cousteau qui n’est autre que le petit fils du célèbre explorateur. Ils ont entrepris une expédition en sous-marin pour en apprendre davantage sur les mystères des profondeurs de ce trou géant.

Lors de cette plongée inédite en submersible au fond du gouffre, l’équipe est tombée sur ce qu’ils appellent entre eux « le cimetière des conques ». Des centaines de cadavres de crabes, conques et d’autres créatures qui ont fait preuve de peu de méfiance, sont tombés au fond du trou, sous la couche de sulfure d’hydrogène, où il n’y a que très peu d’oxygène. Une fois piégés dans le gouffre, aucune échappatoire n’est possible pour ces mollusques. En témoignent les nombreuses traces laissées par les obstinés qui ont tenté de sortir de la prison de calcaire.

Au delà, d’impressionnants murs de stalactites, les explorateurs n’ont rien trouvé de particulier si ce n’est le triste spectacle de nombreux déchets plastiques, véritable fléau des océans. Malgré la profondeur et l’isolement de cette doline sous-marine, cette dernière n’échappe pas à la pollution.

Mais bon vous me direz, on a retrouvé des déchets plastique dans la fausse des Mariannes à près de 11 000 mètres de profondeur, c’est sans grande surprise finalement qu’on retrouve des bouteilles qui jonchent le sol d’un cénote sous-marin.

Aujourd’hui le site est toujours en étude, de nombreux échantillons ont été collecté et ont offert à nos chercheurs des données inédites sur les sédiments et la teneur en oxygène et en c02. Un scanner en trois dimensions a également été réalisé ce qui devrait offrir de nouvelles informations intéressantes sur ce lieu si particulier.

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